Mercredi 23 juillet 2008
3
23
/07
/2008
16:37
Le Toril était à chier cette année ; on était les uns sur
les autres et Pablo avait un truc qui le grattait toute la nuit ; vous connaissez Pablo ; quand il se gratte il fait un boucan d’enfer.
Julio lui a mis un coup de boule pour le faire rester tranquille et c’est parti en vrille dans le Toril. Belle baston générale.
M’enfin ; on s’est arrêté de se foutre sur la poire et on s’est mis à parler. D’abord, on s’est demandé comment le Sorteo se déroulerait le lendemain midi. On n’aime pas
le Sorteo parce que cela se passe juste avant l’Apartado et on se retrouve tous seuls comme des gros cons de 600 kg dans un espace de trois
mètres sur deux ; les Chiqueros. Et il parait que quand on sort de là…
Bref, on a causé toute la nuit. Au risque de ne pas être très en forme le soir. Mais bon ; on n’a qu’une vie, non ? Et Julio nous a parlé des changements qui ont eu lieu
dans la ville qui nous accueillait aujourd’hui. Le Maire est maintenant une femme, médecin allergologue. Tiens, ferait bien de demander des conseils,
Pablo ; il se gratterait moins et nous ferais moins chier à la Ganaderia.
Et cette année, il paraît que la nouvelle équipe – son troupeau, quoi – a décidé de mettre des Festayeropolizei dans les
Arènes. Des types en noir avec des oreillettes qui virent les Aficionados qui bronquisent un peu fort. Ça a pas l’air d'être des drôles ceux-là. Avant,
on nous racontait que le Maire était un marrant ; il était légèrement chancelant quand il lançait la clé, mais, au moins, il ne ratait jamais le lancé ; un sacré
Festayre le bonhomme. Les temps changent, mon pauvre Pablo.
Moi, suis un taureau de Gôche – comme dirait mon copain Le Canard – ça me motive pas trop d’aller montrer ma bravoure à des UMPisto-Modem. C’est pour ça, peut être, qu’on m’a appelé
Manolo ; je gueule, je remue, je suis sévèrement burné et je suis le patron dans la Ganaderia.
Bon, qu’est ce que je me fais chier dans mon Apartado ; en plus, ça va être à moi dans quelques minutes ; j’ai pas dormi de cette putain de nuit et j’ai un mal de corne
à défoncer un Gnou. Faut pas que j’oublie en sortant de regarder si je vois les nouveaux Conseillers de l’opposition ; au moins leur faire un
signe de tête pour leur dire que je compatie.
Allez, ça s’ouvre, on y va fort ; on va leur montrer ce que Manolo est capable de faire. Ah, mince, y’a des places vides sur ma droite ; c’est pas de bon augure cette
histoire ; bon, sur la gauche, ça donne quoi ? Putain ! Ils ont remplis la tribune présidentielle cette année. C’est pour palier au reste, sans
doute.
Bon, on va les faire sortir les Peones, et juger de leur habileté.
J’y crois pas ? il est en train de me faire une Media-veronica ? Encore un qu’a la flemme de la faire complètement ou il connait personnellement Juan
Belmonte ? Et les autres en haut qui me regardent de leurs yeux mornes et fatigués. Où sont ils mes Conseillers d’opposition que je leur fasse au moins un
clin d’œil ? Bon sang de cornes ! Quelle est cette femme au regard glaçant dans la tribune présidentielle ? Non, pas elle ! Chantal « Frau »Lutz est là !!!!
Arrrrrggghhhhhhh ; tant pis pour mon maître, Don Alvaro Domecq, je préfère me suicider ! Allez, une charge contre la talanquère et adieu.
"Et souvent il y a plus de bravoure à se retenir et à passer : pour se réserver pour un ennemi plus
digne." Friedrich Nietzsche - Extrait de Ainsi parlait Zarathoustra
Bon, on reprend rendez vous ?
Manolo ne s'en sort pas, certes ; mais part avec bravoure tel un combattant qui décide de sa fin.
"Le vrai courage consiste à vivre quand il est juste de vivre et mourir quand il est juste de mourir." Règle numéro I du Bushido...