La rentrée, c’est toujours particulier. Bon d’accord, d’accord ; Le Canard parle encore
de rentrée au bout d’une semaine. Freudien…Dites vous ? Oui ! Entre nostalgie de vacances trop courtes et excitation à l’idée de se replonger dans l’action.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que sur le plan municipal, les sujets ne manquent pas comme Le Canard a pu vous le livrer la semaine passée.
Mais la rentrée, c’est d’abord la rentrée scolaire.
Comme Le Canard aimerait revenir en arrière et être dans la peau des bambins de certaines écoles montoises. Imaginez un peu : notre
municipalité vient de leur offrir un somptueux cadeau sous forme de jouets grandeur nature. Bon, pas partout, mais au Bourg-Neuf et au Péglé, les petits élèves ont eu la surprise de trouver à
leur disposition dans la cour de récréation, de vrais camions, kracteurs, kractopelles - langage enfantin ; pour les Trolls de droite qui comprennent pas - et autres rouleaux
aplanisseurs.
En effet, on goudronne - décidément, c’est une obsession, après les arènes, les écoles –Les petits chéris sont tellement subjugués qu’ils ne peuvent plus décoller leurs yeux des fenêtres.
Pour tout dire, les enseignants le sont un peu moins, subjugués. Il paraît qu’il faut fermer les volets en journée pour que les élèves se
mettent au travail, mais le problème c’est que les mégaphones n’ont pas été livrés en même temps pour couvrir le bruit des travaux.
On ne peut pas penser à tout, mais avouez que ça partait d’un bon sentiment, et que c’est bien la preuve que cette nouvelle équipe municipale
est très attachée à l’école publique. A tel point d’ailleurs, qu’à en croire les rumeurs, les enseignants de l’école privée Notre-Dame seraient en train de faire circuler une pétition - encore ?
-, forts mécontents qu’ils sont de n’avoir pas été dotés de ces merveilleux engins aptes à faire oublier à leurs petites têtes blondes le chagrin qui accompagne parfois les premiers jours de
classe.
Mais avec le doublement de la subvention municipale votée à leur profit en juillet, les dits enseignants du privé devraient pouvoir louer sans
problème ces jouets géants à l’année.
La rentrée est aussi sportive.
Ah, enfin le Top 14, avec sa foule bigarrée et joyeuse à Guy Boniface, ses loges rutilantes pour les plus fortunés, avec champagne et petits
fours (NB : si les travaux dans les écoles montoises ne sont pas terminés, les loges elles sont prêtes. Eh oui, les employés municipaux ne peuvent pas être partout à la fois, il y a des
priorités), la télé, la pelouse peinte aux couleurs de la ville, la tribune officielle garnie de personnalités, les buvettes tenues par de nouveaux bénévoles - vu que les anciens sont partis -,
le mundillo quoi. D'autant que comme notre Divine Edile, Madame Geneu not' MéMaire, est en ce moment même avec ses amis du Modem - CliquezICI-. Bon, ok, elle ne fait pas de politique, nous
dit-elle...Sauf ce Week End ! Ce sera donc à notre Alain "The Boss II" Vidalies de se coller aux représentations VIP du match. "Dis, Madame Not' MéMaire ; tu veux pas y aller tous les week-end au
Modem ?"
Quel bonheur de pouvoir se replonger enfin dans une ambiance de saine camaraderie – Le Canard rigole…- de se taper sur l’épaule ou sur le
ventre en partageant les vraies valeurs du sport – Le Canard rigole toujours - tout en oubliant pour un temps les soucis du quotidien.
Car il y en a des soucis.
Pour le président du Stade Montois d’abord, victime d’une véritable conspiration, voire d’un complot.Eh oui, pensez donc, la folie des grandeurs n’ayant pas de limites, il enrage de n’avoir pas un budget plus conséquent.
Ce que c’est que la mégalomanie quand même.
Attention, après avoir été frappé de Nadalisme, le club pourrait être pris de Cazaubonisme aigu.Philippe Quatre Fleurs Labeyrie avait dû le sentir, et chat échaudé craignant l’eau froide, avait prudemment donné une fin de non-recevoir aux exigences
pharaoniques du transporteur saint pierrois.
Mais notre nouvelle municipalité ayant une dette électorale, il va falloir s’en acquitter et il est à craindre qu’elle coûte fort cher aux
citoyens montois. Car pour tout dire, ce choix là, consistant à donner au peuple des jeux pour lui faire oublier le reste, en déterminera d’autres et il est à craindre que les arbitrages
budgétaires se fassent au détriment de dossiers beaucoup plus fondamentaux que les succès aléatoires de notre équipe de rugby - même s’il faut souhaiter aux joueurs et à leur staff de nombreuses
victoires, eux qui doivent se sentir parfois pris en otages -.
On pense médiathèque dont les travaux prennent beaucoup de retard, on pense plate-forme sociale, sujet de discorde avec la CAM, on pense
gestion des services, on pense finances publiques, on pense aussi renouvellement urbain, dossier bouclé et signé depuis longtemps et toujours pas lancé.
Il faut d’ailleurs le dire, et les habitants de ces quartiers commencent à le ressentir, depuis le départ de Philippe « Quatre Fleurs »
Labeyrie et de sa directrice de cabinet « Maryline-je-travaille-18-heures-par-jour-mais-j’ai-toujours-le-sourire-pour-m’occuper-de-ceux-qui-en-ont-le-plus-besoin », les quartiers nord de notre
bonne ville ne semblent plus être une priorité de nos élus.
Ce qui arrangera bien tous les montois qui pensent que « c’est très bien de reloger les habitants de ces quartiers dans toute la ville pour
assurer la mixité sociale, mais si on peut éviter d’en mettre dans le mien ça m’arrange, parce que vous comprenez, on ne sait pas trop sur qui on va tomber et bla bla bla et bla bla bla » - Comme
quoi ; la solidarité et la mixité, c’est bien mais chez les autres -. Que ceux-là se rassurent, nos élus de droite ne devraient pas montrer trop de zèle à respecter les engagements signés par leurs prédécesseurs,
mais il ne faut désespérer de rien.
Pour l’instant, puisqu’on goudronne, je propose à tous les canards amis de se délester de quelques plumes et de les faire livrer à la
Mairie.
“Ce ne sont pas mains de cousine - Ni d'ouvrières aux gros fronts - Que brûle, aux bois
puant l'usine, - Un soleil ivre de goudrons”. Poésies (1870-1871), les Mains de Jeanne-Marie, Citations de Arthur Rimbaud.
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