Partager l'article ! Espagne : “Indignés” contre “Culs-bénis” : 1 à 0:   ...
Le Canard avait prévenu que ça allait chier. Les indignés sont “colère” alors que les “culs bénis” martèlent que le voyage n’aura rien coûté à la collectivité - ah bon ? Les forces de sécurité sont aussi privatisées ? - Et puis, au delà du fric, il y a le
reste : des siècles d’obscurantisme largement contrôlé par le duo gagnant Eglise/Etat, qui permettait de faire passer les incontrôlables en tous genres pour des hérétiques, et leur
appliquer la “justice des hommes” pour des fautes de conscience.
Alors que des centaines de milliers de pèlerins attendent l'arrivée du pape Benoît XVI, jeudi 18 août, le centre-ville de Madrid a été le théâtre d'un face-à-face tendu entre des manifestants défenseurs de la laïcité et des jeunes catholiques participant aux Journées mondiales de la jeunesse. Mercredi, plusieurs milliers de manifestants du camp laïc – 4 000 selon la police – étaient séparés d'un groupe de manifestants catholiques par un cordon policier. La police a évacué manu militari la Puerta del Sol, dans le centre de la capitale. Six personnes ont été interpellées et deux policiers blessés, selon les médias.
Quelques heurts ont éclaté lorsque les policiers ont interpellé un manifestant qui tentait de s'en prendre à eux à coups de bouteille. Un jeune homme de 18 ans, saignant du nez, racontait avoir reçu "un coup de poing au visage de la part des catholiques". Les deux camps se sont surtout échangé des slogans : aux "vive le pape", "cette jeunesse est celle du pape" et autres "Alleluia" répondaient les cris de"Pédérastes, attention aux enfants" ou "Votre pape est un nazi".
D'autres manifestants promenaient une fausse papamobile, occupée par un faux pape dansant, une tête de diable posée sur le capot, suivie par une petite cohorte de religieuses. Certains "indignés" participaient au défilé, autour de deux photos géantes du pape et de l'écrivain français Stéphane Hessel, auteur du manifeste “Indignez-vous”. Les deux portraits étaient légendés par ces mots: "Choc de titans".
Car en Espagne, l'un des derniers grands bastions du catholicisme en Europe de l'Ouest, la foi est en crise. Alors qu'en 1992, 87 % de la population se disait catholique, ce chiffre est aujourd'hui tombé à 71,7 %. Et à 62 % pour les jeunes de 15 à 29 ans.
Benoît XVI l'a bien compris. Il a fait de la reconquête des principaux fiefs catholiques, menacés par un laïcisme qualifié par l'Eglise d'"agressif", sa priorité. Acommencer par l'Espagne où le pape effectue sa troisième visite, et la deuxième en moins d'un an.
Il faut dire qu'après avoir successivement autorisé le mariage homosexuel et l'avortement, puis proposé un projet de loi pour une "mort digne", le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero est devenu la bête noire de l'Eglise espagnole.
Quant aux "indignés", ils ont été, pour leur part, chassés de l'emblématique Puerta del Sol il y a deux semaines pour céder la place aux pèlerins. Mais ils organiseront, vendredi 19 à 21 heures, sur le Paseo del Prado, une "assemblée thématique sur la sexualité, le genre, l'avortement et les soins palliatifs" à laquelle ils invitent les participants aux JMJ...
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