Partager l'article ! Grèves : La neutralité perd du terrain.: ...
De toutes
les réponses possibles à la question « quelle est votre attitude à l’égard du mouvement [social] ? » posée par CSA à un échantillon de 1002 Français, «
l’indifférence » est la seule qui recueille de moins en moins de suffrage : de 19% de sondés indifférents aux manifestations du 7 septembre, ils ne sont plus que 9% dans la dernière
enquête commandée par Le Parisien portant sur le 19 octobre. De part et d’autre de cette ligne de neutralité, les soutiens et opposants augmentent.
De 62% de sympathisants à la première grève de la rentrée sociale, ils sont désormais 71% (comme pour le 2 octobre) à déclarer leur empathie avec les manifestants. De l’autre côté, 16% seulement déclaraient leur hostilité aux mouvements de septembre : ils sont aujourd’hui 18% à réprouver les appels des syndicats. Le nombre de personnes interrogées ne se prononçant pas reste lui anecdotique (autour de 2%). Pour retrouver un tel soutien à un mouvement social, il faut remonter aux grèves des chercheurs (en 2004) ou, pour les mouvements interprofessionnels… aux manifestations pour la défense de la retraite à 60 ans en janvier 2001 !
Le fossé creusé par l’entrée des lycéens dans la manifestation et les premières violences
L’entrée des lycéens dans la manifestation et les premières violences ont mené à un creusement du fossé entre l’opposition et le gouvernement propre à scinder
l’opinion : la volonté de rétablir l’ordre du pouvoir et les déclarations de certains ministres (Brice Hortefeux, Eric Woerth, François Fillon…) ont frappé par leur contraste avec les propos
outrés de l’opposition face aux bavures policières et la détermination des syndicalistes. Un dialogue de sourd que restituait de façon frappante les échanges entre Eric Woerth et l’opposition,
notamment Dominique Voynet, suite au tir d’un flashball sur un lycéen de Montreuil : à la question de savoir quelle était la crédibilité d’un gouvernement qui « tire
sur ses enfants ? », le ministre du Travail avait jugé bon en réponse de saluer le professionnalisme des forces de l’ordre.
L’usage de gaz lacrymogène contre tous les cortèges de France, notamment à
Lyon où un transport blindé a fait son apparition en centre ville, les blessés de Lorient et d’ailleurs, les voitures renversées à Villiers-sur-Marne, le retour des flashballs entre les mains de certains CRS… Ces signes de nervosité voire d’affermissement du mouvement et de la réponse policière ne sont sans doute pas étrangers à cette affirmation de deux blocs, séparés par une ligne de plus en plus fine d’indifférence.
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