Le Canard en a, une fois n’est pas coutume, plein le cul. Qu’est ce que c’est encore
que cette trouvaille de droite. Comme si le fait de définir une identité nationale permettrait de nous faire vivre mieux. Vivre mieux, oui ; sans se targuer continuellement que nous sommes un
pays accueillant - pour les diplômés qu’on une certaine classe, même arabes ils peuvent venir, pas de blèm.
Par contre, quand tu viens de la troisième génération d’un type qu’on a fait venir pour vider tes poubelles, ben, ton intérêt pour l’identité nationale du pays où tu vis, elle est à l’aune des cv
envoyés, auxquels t’as aucune réponse, parce que tu te nommes Rachid, parce que ta photo, elle est pas en phase avec le look requis, parce que, à la maison, tu parles mieux la langue nationale
que tes parents et que, quand t’as besoin d’un coup de main pour faire tes devoirs, t’es dans la merde.
L’identité nationale... C’est encore un truc pour exclure.
Quand nos Mamamouchis auront planché la-dessus ; il se passera quoi ? Une loi pour ficher celles et ceux qui ne seront pas dans le moule ?
Putain de merde de nom de dieu ; encore une connerie qui nous tombe avant une élection alors que le NanoPrésident voit sa
côte de popularité se casser la tronche. Comme à la veille des municipales 2008 où on nous a balancé la connaissance de l’hymne national dans les écoles.
Quand va t’on arrêter de se foutre de nous ? Quand va t’on prendre réellement en charge les problèmes que les français vivent tous les jours, avec près de sept millions de personnes vivant
sous le seuil de pauvreté, avec des problèmes de logement incroyablement complexe, des coûts de vie qui filent dans des proportions difficilement acceptables pour les foyers modestes, des taxes
que l’on augmentent - et toujours plus - en se targuant de ne pas augmenter les impôts - ça vous rappelle rien, localement, ça ? -.
Bref, Le Canard en a plein le cul.
Surtout quand on nous refait le coup d’une identité nationale, ce mythe politique si utile à droite. Et étudié comme tel dans la sociologie politique depuis au moins un siècle. Une immense imbécilité qui ne permet que de penser “nous” - Le Canard sous entend “nous” les nationaux - et d’”oublier” le “moi” - l’individu - ; le moule est encore là. Il n’est pas cassé, malgré tout ce que l’histoire nous a montré comme dangers liés à cette recherche d’une identité nationale.
Fier de son pays ? De son histoire ? De ses ancêtres ? Et alors... On a besoin de définir une identité nationale pour être fier
d’une histoire où cette identité n’a eu que peu de place ? Où notre pays a changé de frontières une infinité de fois ? Où ce qui fait un pays, ce n’est pas un pseudo sens de l’histoire commun,
mais plutôt les femmes et les hommes, qui dans leurs passions, qu’elles soient communes ou pas, font avancer la société.
Merci aux rois qui ont épousés des Italiennes, ce qui a permis à notre cuisine d’être ce qu’elle est aujourd’hui, et qui, pourtant, n’avaient aucune idée d’une pseudo identité nationale ! Et
c’est un exemple basique de chez basique, parce que Le Canard adore bien bouffer...
Mais, sur ce coup là, Le Canard, il se demande si celles et ceux qui s’embarquent dans ce débat - d’où qu’ils viennent et où qu’ils aillent - ne rentrent pas dans le jeu électoraliste d’une droite qui, voyant son programme inadapté et son président du “pouvoir d’achat” mis à mal par les réalités quotidiennes, se retranche derrière des considérations philosophiques depuis longtemps épuisées par tant et tant de débats, afin de faire passer la soupe des réformes inachevées.
Et bientôt, une nouvelle usine à gaz avec un couvre feu - sic - pour les mineurs récidivistes. Ainsi, on est si peu sur de nos
lois et des personnels qui les font appliquer, qu’on va, au lieu de sécuriser localement - entre autre avec des relations humaines de proximité dignes de ce nom - les coins où bordel il y a ; ben
non : une nouvelle loi !
Et pourtant, quand on parlait d’îlotiers, de police de proximité, de ces représentant de la loi - les gardiens de la paix ! Leurs vrais noms, et qu’il était beau, ce nom ! - qui connaissaient
leur quartier, leur secteur et qui pouvaient intervenir sans particulièrement utiliser la violence, mais le dialogue ; ça marchait pas mieux ? Ben si !
Alors oui, les Gardiens de la paix, aujourd’hui, sont obligé de palier à l’incompétence de notre gouvernement à gérer les quartiers compliqués, en étant de plus en plus exposés et de plus en plus tenu de rendre violence pour violence.
C’est en amont qu’il faut bosser ! Pas en aval !
Bref, et Le Canard en termine ; l’identité nationale n’est qu’une fumisterie qui non seulement ne fera rien avancer, mais va nous conduire à de plus en plus d’exclusions, parmi celles et ceux qui refusent qu’un dogme gère leurs vies de citoyens.
“J’estime tous les hommes mes compatriotes et embrasse un Polonais, comme un Français,
postposant cette liaison nationale à l’universelle et commune” - Montaigne
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