Surprise surprise pour tous ceux qui avaient déjà enterré la Tunisie dans le cimetiÚre des démocraties naissantes du « printemps arabe ».

Une sociĂ©tĂ© civile qui ne s’essouffle pas.

Depuis deux ans la sociĂ©tĂ© civile tunisienne et notamment les femmes sont accrochĂ©es au cou des islamistes au pouvoir, comme une tique Ă  un chien et les empĂȘchent de porter atteinte Ă  leurs acquis.

Le chemin fut long et sinueux, mais cette magnifique sociĂ©tĂ© civile n’a pas baissĂ© les bras et ne les baisse toujours pas.

Chaque article Ă©crit par la constitu-honte Ă©tait mis en ligne par des dĂ©putĂ©s de l’opposition et le rĂ©sultat ne se faisait pas attendre.

D’une seule voix elle criait « dĂ©gage », et l’ANC rĂ©visait l’article.

Les progressistes gagnaient des partisans, au fur et à mesure que les dérapages de Nahda devenaient flagrant, quoique peuvent affirmer les islamistes au pouvoir, ils se sont malgré tout sentis acculés par ces tunisiens que finalement ils avaient sous estimés.

Les 6 millions de femmes descendantes d’Alyssa la fondatrice de Carthage n’allaient pas se laisser berner sous couvert de la religion.

La constitution est laĂŻque.

Pas de sharia, les droits des femmes sont renforcés et écrits dans le marbre, la parité a été votée.

Bien sur comme on si attendait 4 dĂ©putĂ©es de Nahda ont votĂ© contre l’article 45.

Elles ont votĂ© contre un article qui leur a permit d’ĂȘtre lĂ  pour voter contre le fait qu’elles soient lĂ . Cela semble tout droit sorti d’un vaudeville de seconde zone mais c’est la triste rĂ©alitĂ©.

On pourrait en pleurer si ce n’était pas aussi comique.

L’occident nous avait enterrĂ© trop tĂŽt.

Pendant deux ans la dĂ©chĂ©ance des rĂ©volutions dites « printemps arabes » annonçait en grande pompe la fin de l’état civil tunisien.

Pour eux nous étions prochainement le « Tunistan ».

Ne leur en dĂ©plaise, nous ne le serons jamais. Les mĂ©dias en quĂȘte de sensation devront se trouver une autre proie.

Ce petit peuple sous estimĂ© par tous, s’est montrĂ© plus combatif que prĂ©vu et fidĂšle Ă  sa rĂ©putation il est restĂ© non violent.

Les médias étrangers devraient nous rembourser les pertes de gains que la Tunisie a du accuser car avec leur alerte au loup, les sociétés étrangÚres sont parties et les touristes nous ont boudés.

Finalement on devrait peut ĂȘtre demander des dommages et intĂ©rĂȘts ?

Le droit des travailleurs

Le droit au travail a été énoncé ainsi que le droit de se syndicaliser, de manifester sans violences, et le droit de grÚve a été validé.

La libertĂ© d’opinion et d’expression.

La libertĂ© d’opinion et d’expression ont Ă©tĂ© immortalisĂ©es dans cette constitution, ainsi que l’accĂšs Ă  l’information qui nous a fait dĂ©faut pendant 23 ans et plus.

Le net ne sera ainsi plus censuré.

La Constitution n’est pas parfaite.

Oui elle n’est pas parfaite, certains articles jouent sur les termes, comme celui du « le droit Ă  la vie est sacrĂ© » parle-t-il de meurtres ou d’avortements ?

Dans le mĂȘme sens l’article 15 garantit la neutralitĂ© de l’enseignement, ce qui est une bonne chose ainsi ils ne pourront pas formater nos enfants. Mais l’article 38 qui prĂ©voit l’endoctrinement des enfants « Ă  leurs » valeurs arabo musulmane contredit l’article 15 en prĂ©cisant que l’état entre autre « agit pour l’enracinement de l’identitĂ© arabo-musulmane ainsi que l'ancrage et le soutien de la langue arabe et la gĂ©nĂ©ralisation de son utilisation » n’a finalement pas Ă©tĂ© modifiĂ© malgrĂ© les nombreuses protestations.

Quand on connait l’animal, on a le droit de s’inquiĂ©ter !

Mais chaque chose en son temps, un pas Ă  la fois, et on atteindra notre But.

Quand aux investisseurs, ils reviendront car c’est dans leurs intĂ©rĂȘts, il vaut mieux payer un ouvrier 200 euros voire 300 en Tunisie que 800 Ă  1000 euros au Maroc. L’argent est moins frileux que l’humain.

Mais pour l’instant, le reste viendra plus tard, fĂȘtons la laĂŻcitĂ© de notre Ă©tat et la libertĂ©, l’égalitĂ©, et la reconnaissance de la femme comme ĂȘtre humain et citoyenne Ă  part entiĂšre, au regard d’autres pays c’est une grande bataille de gagner.

Le 1er Ministre islamique a démissionné pour laisser place à un nouveau chef de gouvernement laïc et sans étiquette politique.

Nahda a enfin quitté le gouvernement.

Aujourd’hui est un beau jour, les problùmes seront pour plus tard.

Le combat continue, la société civile reste vigilante et combative.

Comme le phoenix, la Tunisie renait de ses cendres
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